Le second souffle de la mobilisation au rendez-vous!


Nous l'attendions cette bouffée d'air neuf, la voilà! En effet, Mardi 10 mars, un blocage "symbolique" (pour certains spécifique, logistique ou je ne sais quel mot en -ique qui fasse un peu plus scientifique!) et des piquets de grève tenus jusqu'à 9h ont permis à environ 800 étudiants et personnels de l'université Paul Sabatier d'assister à l'Assemblée générale. Pas de violence, ni même d'opposition farouche au blocage ce matin là, au contraire! Beaucoup d'étudiants et d'enseignants se sont même sentis soulagés d’une responsabilité pesante, les empêchant ainsi jusque là de se mobiliser. Sujet à débat depuis une quinzaine de jours déjà au sein du comité de mobilisation, la finalité du blocage s’est trouvée atteinte : permettre à un nombre de personnes conséquent (malgré certains cours qui se sont quand même tenus), d’assister à l’AG, afin de réunir une assemblée la plus démocratique et légitime possible.  Au cours de cette assemblée générale, la grève active a été reconduite et adoptée massivement, ainsi que le blocage total de l’UPS. Les forces du comité de lutte s’en sont retrouvées doublées voire triplées ! Cependant, elles restent encore trop peu représentatives des forces votantes lors des AG, nous vous invitons donc encore à nous rejoindre tous les soirs à 18h (ainsi qu’à 12H30 lorsque c’est possible).

 

Mercredi 11 mars, aux environs de 14h30, 4000 étudiants et fonctionnaires de l’Education Nationale sont partis de la place du capitole pour faire entendre leur mécontentement face aux réformes actuelles entreprises par le gouvernement, sans réelle consultation des acteurs et de façon drastique, dans le but unique de faire des économies dans le budget de l’Etat. Sur les coups de 16h30, une action est proposée pour les manifestants, des camarades militants de l’université du Mirail avaient été arrêtés dans l’après midi, dans le cadre d’une action « blocage économique ». Une partie du cortège s’est alors dirigée vers le commissariat, où les CRS nous attendaient, fermement positionnés. Jusqu’à 18h les deux fronts se sont faits face à une vingtaine de mètres d’intervalle. Les manifestants ont effectué un sitting pacifiste, lançant par moment des « libérez nos camarades ! » ; et où les rythmes des djembes et les jongleurs tentaient d’adoucir le ton du face à face. Après plus d’une heure et demi d’attente et une tentative de négociation, les occupants se sont retirés dans le calme.

 

Jeudi 12 mars, une nouvelle AG s’est déroulée à 9h, après avoir tenu les piquets de grève depuis 7h du matin, les étudiants et personnels de l’université se sont réunis à plus de 800 dans la salle du grand auditorium. La grève active a été encore une fois reconduite ainsi qu’un blocage partiel cette fois-ci, prenant en compte le cas des étudiants engagés dans des concours nationaux en fin d’année. (voir le compte rendu de l’AG dans un autre billet). Après le barbecue organisé à la sortie de l’AG, les étudiants se sont donnés rendez vous à 14h30  pour partir en action inter fac. L’objectif visé était une action symbolique d’occupation des lieux de l’école supérieure de commerce, image du devenir des universités : sélective, payante et discriminante. Les 400 étudiants à peine assis dans une grande salle de l’ESC depuis 4 minutes, se sont fait violemment chasser, sans sommation préalable par une quinzaine de personnels de la B.A.C. Ces derniers n’ont pas hésité une seconde à utiliser gaz lacrymogènes et matraque sur la foule qui tentait de s’organiser pour sortir sans arrestations ni dommages physiques. Au retour de cette action, les esprits des étudiants sont restés marqués par la violence et la rage des forces de l’ordre sans prévention, ni justification. Le mot d’ordre des autorités semblant être la répression et la non communication ont fait prendre conscience aux étudiants présents de la volonté de jouer sur la violence pour étouffer la mobilisation. Si cette agressivité physique a choqué les étudiants, elle n’a fait que renforcé leur détermination pour faire entendre leurs revendications, leur argumentation, au-delà de la violence, et par des moyens plus construits et constructifs.

 

Vendredi 13 mars, les piquets de grève ont été tenu sans affrontements, dans le calme et la bonne humeur… café et chocolatines ont été partagé autour des discussions sur les actualités du mouvement.

Dans quelques instants, à 12h30, au grand auditorium, l’AG des personnels de l’UPS aura lieu.

 

La mobilisation a su rebondir et regarde aujourd’hui vers un élargissement et une convergence des luttes.